
Certaines histoires commencent par un diagnostic. D’autres parlent de ce qui vient ensuite. L’histoire de Sonia est une histoire de résilience et d’espoir, mais aussi de la découverte que les plus grands défis de la vie peuvent parfois ouvrir la porte à quelque chose d’inattendu et de magnifique.
Diagnostic, rétablissement et découverte
L’histoire de Sonia commence par une soirée d’été en 2022. Alors qu’elle était assise sur le canapé avec son partenaire, Sonia commença à se sentir mal. Elle pensa d’abord qu’il s’agissait d’une réaction à l’odeur épouvantable de produits chimiques et de peinture provenant de l’appartement de ses voisins, mais comme son partenaire s’empressa de le lui faire remarquer, il y avait un problème plus grave… les odeurs de produits chimiques et de peinture n’existaient pas.
Quelques semaines plus tard, après une visite chez le médecin et une imagerie par résonance magnétique, Sonia reçut les résultats de ses examens. Ceux-ci révélaient la présence d’une tumeur au cerveau, un méningiome de la taille d’un pamplemousse, situé à la base de son crâne. La tumeur exerçait une pression sur son nerf olfactif, provoquant des odeurs fantômes : des odeurs qu’elle pouvait sentir, mais qui étaient en réalité inexistantes.
Peu à peu, son choc laissa place à la curiosité, et elle commença à se renseigner sur son nouveau diagnostic. Elle apprit qu’un méningiome est une tumeur qui se développe dans les membranes protectrices entourant le cerveau et la moelle épinière. Bien qu’il soit souvent bénin, même un méningiome non malin peut être très dangereux. Dans le cas de Sonia, la tumeur se trouvait près de son nerf optique, ce qui risquait d’endommager de façon permanente sa vision, sa parole et son sens de l’équilibre. Elle apprit toutefois, à son grand soulagement, qu’une intervention chirurgicale pourrait probablement retirer l’entièreté de la tumeur, lui offrant l’espoir d’un rétablissement complet.
Quelques mois après son IRM, Sonia subit sa première craniotomie, une intervention chirurgicale qui dura plus de 20 heures. Une deuxième opération, cette fois d’une durée de plus de 15 heures, permit aux chirurgiens de retirer le reste de la masse, laissant Sonia débarrassée de sa tumeur.
Même si le méningiome avait disparu, Sonia ne sortit pas indemne de cette épreuve. La chirurgie avait affecté à la fois son muscle temporal et son nerf optique, lui laissant une vision double persistante et l’incapacité d’ouvrir la bouche de plus d’un centimètre. Ce n’est qu’au prix de plusieurs mois d’exercices quotidiens exigeants qu’elle parvint à rééduquer ses yeux et à réapprendre à ouvrir la mâchoire. Jour après jour, Sonia se rétablissait, retrouvant ses sens, notamment son odorat, et renouant avec le monde qui l’entourait. C’est durant ces longs mois, alors qu’elle était confinée au lit, que Sonia découvrit le WWOOFing.
Cette découverte fit naître quelque chose en elle :
« Je n’étais pas en mesure de faire grand-chose. À cette époque, je me reposais et je lisais beaucoup », raconte Sonia. « Par pur hasard, je suis tombée sur une publication Facebook à propos du WWOOFing. J’en avais déjà entendu parler, mais je ne me souvenais plus du nom. J’étais tellement heureuse! Tout de suite, j’ai su que je voulais en faire dès que j’en serais capable. »
En parcourant les fermes hôtes sur le site de WWOOF Canada, Sonia se rapprochait tranquillement d’un rêve d’enfance qu’elle avait depuis longtemps mis de côté : vivre auprès des chevaux. Sonia avait déjà cherché des occasions de côtoyer des chevaux par le passé, mais les responsabilités de la vie avaient toujours fini par l’en empêcher.
« Je savais que je ne voulais plus attendre. Je voulais m’offrir ce cadeau », raconte Sonia.

Le monde du WWOOFing
Quelques mois plus tard, Sonia arriva à la Bear Valley Rescue Society, dans le comté de Mountain View, en Alberta, pour son tout premier séjour de WWOOFing. Elle y fut accueillie par ses hôtes, Astrid et Mike, une famille animée par la compassion et profondément engagée envers le bien-être animal. Elle y rencontra les 150 chevaux de la Société, qui se promenaient librement dans la vallée et qui avaient tous été sauvés de la négligence, de la maltraitance, de l’abandon ou de l’abattoir.
C’est là que Sonia découvrit un mode de vie qu’elle n’avait jamais connu auparavant, où elle passait ses journées à l’extérieur, entourée d’arbres, sous un ciel à perte de vue et dans l’air frais. Ses hôtes lui transmirent généreusement leurs connaissances sur les animaux et la région, qu’elle mit à profit chaque jour en accomplissant diverses tâches et en participant à différents projets, comme nourrir les animaux, nettoyer les stalles ou changer les bandages des chevaux.
« L’une de mes tâches consistait à inspecter les chevaux », raconte Sonia. « Comme ils étaient libres de parcourir la vallée, ils risquaient de se blesser. Je devais donc m’assurer qu’ils étaient en bonne santé et en sécurité. »
Bon nombre des chevaux du refuge vivaient avec des handicaps, ce qui rendait leur prise en charge plus complexe. Pourtant, ces difficultés allaient finalement devenir un moteur de connexion encore plus profonde.
« C’était la première fois que j’étais en contact avec des chevaux aveugles », raconte Sonia. « Il y avait un cheval qui reconnaissait ma voix. Même s’il était libre d’aller où bon lui semblait sur l’immense propriété, il venait me voir chaque fois. La connexion était incroyable. »
Moins d’un an après sa propre opération au cerveau, Sonia se retrouvait ainsi à prendre soin d’êtres qui avaient eux aussi besoin d’aide, tissant avec les chevaux un lien profond qui perdure encore aujourd’hui.
« Le WWOOFing est arrivé au moment idéal dans ma vie », explique Sonia. « Ça m’a aidé à traverser ma convalescence. C’est devenu ma plus grande motivation pour retrouver mes forces. J’avais tellement hâte de retrouver les chevaux et de faire quelque chose de concret et porteur de sens. Le WWOOFing m’a donné un but. Quelque chose que je pouvais attendre avec impatience, planifier et, ultimement, accomplir. »
Au cours des années qui suivirent, Sonia fit encore quatre séjours de WWOOFing, passant plusieurs semaines chaque année à acquérir de l’expérience pratique auprès de fermes du Québec, de l’Ontario et des Prairies. Elle s’occupa d’une écurie, apprit les soins à prodiguer aux juments lors de la mise bas et participa à des randonnées équestres. Chaque fois qu’elle avait des congés du travail, elle choisit de les consacrer au WWOOFing, construisant peu à peu une vie de plus en plus centrée sur le bien-être animal. Poussée par le désir d’approfondir ses connaissances, elle suivit des formations en massothérapie équine, en soins des sabots et en anatomie reproductive équine dans le but de mieux savoir comment aider les animaux.
« Inutile de dire que le WWOOFing s’intègre désormais pleinement à ma vie », déclare Sonia. « Je ne peux plus imaginer ma vie sans ça, et je me demande souvent comment je faisais avant. Le WWOOFing m’a donné l’occasion d’apprendre tant de choses, mais surtout, il m’a montré ce qui compte vraiment pour moi : prendre soin des autres et des animaux. »

Dans l’espoir d’inspirer d’autres personnes à trouver le courage de s’adapter lorsque leur vie prend une tournure inattendue, Sonia a écrit un récit autobiographique intitulé The Beast In My Head, qui raconte cette période de sa vie. Ce dernier a été publié par Friesen Press en octobre 2022.
Même si le parcours de Sonia est profondément personnel, sa quête de sens et de connexion est une expérience à laquelle beaucoup d’entre nous peuvent s’identifier. Son histoire nous rappelle que trouver le courage d’aller de l’avant peut parfois commencer par un geste aussi simple que de s’ouvrir à l’inconnu, de rencontrer de nouvelles personnes ou de s’autoriser à renouer avec un projet que l’on avait autrefois mis de côté. Le WWOOFing offre un espace pour faire tout cela et, peut-être même, pour découvrir un nouveau sens à sa vie en chemin.
Si vous souhaitez vous procurer le livre de Sonia, The Beast in My Head, vous pouvez le trouver sur le site Web de Friesen Press ici, ou partout où les bons livres sont vendus.

